co2garantibio

L’industrie du biométhane se base sur l’existence d’un variant du CO2 qui n’existe pas dans la nature !

Un CO2 mutant qui fausse tous les calculs. Ses créateurs l’appellent le CO2 biogénique car il est différent du CO2 issu des énergies fossiles. Son principal avantage : ne pas polluer. Et il ne polluerait pas parce qu’il prend sa source dans la photosynthèse !

Une molécule peut-elle muter comme un virus ? C’est la question qui vient tout de suite à l’esprit : y a-t-il un bon et un mauvais CO2 , comme il y a un bon et un mauvais cholestérol ? Cette théorie de la mutation moléculaire, où le carbone serait transmuté par la sève des plantes en CO2 biogénique, s’apparenterait à celle sur la mémoire de l’eau !

Autrement dit, le carbone et l’oxygène de ce gaz ont-ils gardé une « mémoire » de leur contact avec la sève des plantes ?

Non, la communauté scientifique est unanime sur ce point, sauf l’Inrae !

En effet, son étude publiée le 24 novembre 2021 se fonde sur cette théorie de la mémoire moléculaire. Page 33 : « Le CO2 biogénique bénéficiant d’une neutralité d’impact au regard du changement climatique… » Les auteurs valident que ce CO2 est différent. Il est neutre.

Et ils réaffirment sa différence à la page 106 : « Puisqu’il sera réémis sous forme de CO2 biogénique… » Cette étude de 2009, republiée en 2020 par l’Inrae, confirme cette différence : « Son bilan (du CO2 biogénique) vis-à-vis de l’effet de serre est nul : tout gaz émis est tout de suite réabsorbé ou provient de la même quantité de gaz qui vient d’être séquestrée. » Ou bien cette phrase relevée sur un site des pouvoirs publics : « Si la même quantité de carbone (biogénique) stockée par le matériau est réémise en fin de vie, le bénéfice est actuellement nul. »

Et, de fil en aiguille, on peut lire sur certains sites : « Les émissions de CO2 biogénique, neutre en carbone, peuvent être déductibles de l’inventaire des gaz à effet de serre. »

Bienvenue dans un monde où l’imaginaire fait science. Et il fait science, car cette théorie dit aussi que ce CO2 extraordinaire changerait de « dimension » en sortant du cycle naturel du carbone ! Alors, ils ont inventé un nouveau cycle du carbone, un cycle imaginaire, un cycle court : court pour local, court pour vertueux.

Tout ça serait finalement risible si le développement de la méthanisation en France ne s’appuyait pas exclusivement sur cette théorie alchimique qui biaise tous les calculs sur notre neutralité carbone ; des calculs faussés en dépit de ce rappel clair et net de l’Ademe :

« Quelle que soit son origine, biogénique ou fossile, une molécule de CO2 agit de la même façon sur l’effet de serre. »

Quelle que soit son origine, si on émet 10 molécules de CO2 , seulement 3 reviendront à l’échelle humaine dans la photosynthèse.

Aussi, plus on méthanise, plus on émet de CO2 , plus on augmente la concentration en CO2 de l’atmosphère, plus on bouleverse le climat.

Quoi qu’on dise, quoi qu’on fasse, on ne peut pas sortir de cette équation : pour diminuer nos émissions, il faut émettre moins, pas produire plus.

Il n’y a pas deux cycles du carbone, mais un seul. En attendant, cette fausse information scientifique, validée « scientifiquement », entrave toutes les décisions politiques pour diminuer nos émissions de CO2 et atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050.

 

Liste des signataires

Gérard FONTY. Directeur de recherche honoraire au CNRS et président du GREFFE : Groupe scientifique de réflexion et d’information pour un développement durable.
Bernard RAVEAU. Académicien des Sciences, Professeur des Universités. Université de Caen Normandie.
Jean-Pierre JOUANY. Ingénieur chimiste, directeur de recherche honoraire à l’INRAE et vice-président du GREFFE.
Claude et Lydia BOURGUIGNON. Ingénieurs agronome.
LAMS.Emmanuel BOURGUIGNON. Ingénieur agronome. LAMS.
Pierre AUROUSSEAU. Professeur des Universités (agronomie). INRA Rennes, Agrocampus Ouest.
Raphaël SERREAU. Directeur de recherches. Université Paris-Saclay.
Jean-Noël SALOMON. Professeur des Universités. Université de Bordeaux. Retraité.
Pierre COURTOIS. Ingénieur-Physicien. Institut Laue-Langevin.
Sébastien ALMAGRO. Maître de Conférences (biochimie, biologie cellulaire). Université de Reims.
Michel BAKALOWICZ. Directeur de Recherches (hydrogéologie). CNRS, retraité.
Jean-Louis LASERRE. Ingénieur Chercheur (électronique, systèmes rayonnants). CEA, retraité.
Liliane REVEILLAC. Médecin Hospitalier  (radiologie). Hôpital de Cahors.
Hugues MURRAY. Professeur Emérite des Universités (physique). Ecole Nationale Supérieure d’Ingénieurs de Caen Normandie
Jérôme VIERS. Professeur des Universités (Géochimie des Eaux et des Sols). Observatoire Midi-Pyrénées.
André TARISSE. Docteur Ingénieur (hydrogéologie). DDAF du Lot, retraité.
Magali MORALES. Maître de Conférences (physique). Université de Caen Normandie.
Michel LORBLANCHET. Directeur de Recherches (préhistoire). CNRS, retraité.
Jean-Pierre LE LAN. Professeur des Universités (électronique) Ecole Nationale Supérieure des Arts et Métiers, Angers, retraité.
Mathieu LANGLAIS. Chargé de Recherches (préhistoire). CNRS, Laboratoire PACEA,Université de Bordeaux.
Jean-François HAMET. Professeur des Universités (chimie) Ecole Nationale Supérieure d’Ingénieurs de Caen Normandie.
Daniel FRUCHART. Directeur de Recherches Emérite (Physique chimie). CNRS.
Pierre-Yves DEMARS. Chargé de Recherches (préhistoire). CNRS, retraité.
Eric CHORLAY. Docteur en Médecine. Faculté de Lille.Jean-Guy ASTRUC. Docteur-Ingénieur (géologie) BRGM, retraité. 

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